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Magazine Golf Canada - Anciens numéros

Bons jusqu’au dernier roule

par John Tenpenny
En 2002, l’Omnium canadien Bell et l’Omnium canadien féminin de la Banque de Montréal ont tous deux procuré aux amateurs de golf des fins de tournoi mémorables et dans les deux cas, ce fut captivant jusqu’à la dernière minute.
Ainsi, peu oublieront le roulé de six mètres réussi par John Rollins pour remporter l’Omnium canadien Bell au Angus Glen Golf Club au premier trou de prolongation, battant ainsi Neal Lancaster et Justin Leonard. Peu oublieront également le malheureux bogey double commis par Lancaster au 72 trou, abandonnant ainsi la tête du tournoi qu’il détenait depuis la deuxième partie.
Ce fut tout aussi passionnant de suivre Meg Mallon exécuter calmement son roulé pour la normale au Club de golf Summerlea, ce qui lui procurait sa première victoire en deux ans. Mais l’Omnium canadien féminin de la Banque de Montréal a donné également lieu à de malheureux déboires, tels le coup de départ de Catriona Matthew, qui a disparu dans les bois et avec lui ses chances de remporter le titre.

À l’arraché
John Rollins n’oubliera pas de si tôt le 18e trou à Angus Glen. Neal Lancaster et Justin Leonard non plus.
Ceux et celles qui ont suivi le 93e Omnium canadien Bell disputé au Angus Glen Golf Club, à Markham, en Ontario, ont été témoins de l’une des fins de tournoi les plus dramatiques de l’histoire de l’Omnium lorsque John Rollins a calé un roulé de six mètres, bon pour un oiselet, ce qui lui a permis de battre Neal Lancaster et Justin Leonard au premier trou de prolongation, au 18e trou.
Rollins avait réussi un dernier parcours de 65, sans bogey, et il s’est retrouvé au cœur d’une prolongation qui n’aurait jamais dû avoir lieu.
C’est que Lancaster détenait une avance de deux coups sur Rollins et Leonard, ces deux derniers ayant terminé à 272, à 16 sous la normale. Au 18e trou, le coup de départ de Lancaster a abouti dans l’allée, à 183 verges du trou. Il avait un fer 6 en mains et il n’avait raté que deux verts de toute la journée.
La balle s`est immobilisée à 35 verges du drapeau, dans de l’herbe haute derrière une fosse de sable. Il a logé sa balle sur le vert, dans une dépression, à environ 12 mètres du trou. Il n’avait besoin que de deux roulés pour remporter sa première victoire depuis 1994.
Le premier roulé a dépassé le trou d’un mètre. Le suivant a raté le trou sur la droite. Abasourdi, Lancaster a penché la tête et s’est gratté le cou.
Pour sa part, Leonard n’accusait qu’un coup de retard sur Lancaster lorsque sa balle a survolé le vert au 18e trou et a rebondi contre les estrades. Leonard a eu un allégement, mais il a raté un roulé de trois mètres pour la normale. Son dernier parcours a été de 69.
Pendant que Lancaster accusait un bogey double et que Leonard laissait filer un coup précieux, Rollins éprouvait aussi sa part d’ennuis, expédiant son coup d’approche dans une fosse de sable. Il s’en est extirpé et a logé sa balle à plus de trois mètres du trou et a réussi le roulé pour la normale.
Rollins est devenu le 13e joueur cette année à remporter son premier tournoi au sein du Circuit de la PGA et le 6e golfeur et le premier depuis Dudley Hart, en 1996, à inscrire cette première victoire à l’Omnium canadien Bell.
Au cours de la prolongation, Rollins n’avait pas l’air de ne pas être à sa place : son coup de départ au 18e trou a été parfait et il a expédié son coup de fer à quelque six mètres du trou.
Lancaster a fait suivre son pire coup de la journée par son deuxième au chapitre des « horreurs » en claquant la balle dans la fosse de gauche, dont il s’est sorti à peine. Son roulé pour la normale a touché le trou, mais a refusé de tomber.
De son côté, Leonard a exécuté un long roulé de 15 mètres depuis la bordure du vert et la balle s`est arrêtée à environ un mètre du trou. Il n’a pu être qu’observateur lorsque le roulé de Rollins a disparu dans le trou.
Rollins a touché la bourse de 720 000 $ et sa place parmi les 30 meilleurs boursiers lui vaudra une participation au WGC – American Express Championship en Irlande. L’Américain de 27 ans joue au sein du Circuit de la PGA pour la deuxième année en trois après avoir terminé 6e parmi les boursiers du Circuit Buy.com en 2001. Il avait perdu ses privilèges de jeu au sein de la PGA en l’an 2000, ayant terminé au 171e rang des boursiers.
Le meilleur du contingent canadien fut Ian Leggatt, qui a terminé à égalité au 16e rang, à 277, 11 coups sous la normale. Après avoir accusé un seul coup de retard sur Lancaster après le deuxième parcours, Leggatt a perdu pied et a été incapable d’effectuer une remontée au cours du week-end. Leggatt a fait partie des huit Canadiens qui ont échappé au couperet, soit le plus grand nombre depuis les 15 qui avaient franchi le seuil de l’élimination à l’Omnium du Canada en 1969. Mike Weir a terminé en force, jouant 67, cinq sous la normale, et son total a été bon pour une égalité au 22e rang. Les autres Canadiens qui ont joué au cours du week-end ont été Glen Hnatiuk (É28), Richard Zokol (É36), Derek Gillespie (É36), Todd Doohan (É57), David Morland IV (É61) et Dave Barr (82e). Huit autres Canadiens ont été retranchés n’ayant pu faire mieux que 143, un coup sous la normale, après les deux premiers jours : David Hearn, Rob McMillan, Jim Rutledge, Jon Mills, Michael Mezei, James Lepp, Lee Curry. Gordon Burns s’est retiré après la première partie et Dan Swanson a été disqualifié pour avoir signé une carte de pointage incorrecte après la première partie.
Malgré sa meilleure prestation à l’Omnium canadien Bell, Leggatt n’était pas satisfait.
« C’est bien, mais ç’aurait pu être meilleur, dit-il. J’ai eu l’impression d’avoir laissé passer de belles occasions cette semaine, en particulier après un si bon début. C’est dommage que je n’aie pas été en mesure de poursuivre au cours du week-end. Je ne pouvais rien mettre en branle. Je savais que je devais réussir une marque très basse, mais après avoir terminé le premier neuf à égalité avec la normale, je ne m’intéressais plus tellement au tableau des meneurs. Je tentais tout simplement de ne pas dérailler et de terminer une partie potable. »
Pour Weir, qui en a arraché durant toute la saison, son meilleur résultat étant une égalité au 11e rang, sa partie du dimanche égalait sa meilleure performance de l’année.
« J’ai commis quelques erreurs cette semaine qui m’ont coûté très cher, mais à part ça, j’ai assez bien joué, dit Weir. Au chapitre de la confiance, mon jeu me donne satisfaction présentement. »
Dans le cas de Gillespie, qui a terminé au 3e rang de l’Ordre du mérite du Circuit canadien, sa belle prestation lui inspire confiance au moment de se préparer au Tournoi de qualification de la PGA.
« Je crois que je suis prêt à faire partie du Circuit, il s’agit simplement de bien jouer aux bons moments », dit-il.

Spécialiste des remontées
Meg Mallon ne semble pas aimer faire les choses à la manière facile. Et au Club de golf Summerlea, à Vaudreuil-Dorion, près de Montréal, tandis que le terrain était battu par les vents, Meg a plié sans toutefois rompre, et a remporté sa première victoire sur le Circuit de la LPGA depuis son triomphe à la Classique du Maurier il y a deux ans. Cette victoire, la 14e de sa carrière, était également la 10e arrachée grâce à une remontée.
La joueuse native du Michigan a gagné malgré une dernière partie de 73, soit un coup au-dessus de la normale. Elle n’a pas été la seule cependant à connaître des difficultés. Un vent vigoureux a soufflé toute la semaine et la dernière partie a été marquée par des rafales atteignant 65 kilomètres/heure, ce qui fait que les joueuses ont inscrit des marques plus souvent observées dans les tournois majeurs. Le dimanche, par exemple, les 10 meilleures joueuses ont commis un total de 33 bogeys, quatre bogeys doubles et un bogey triple, et seule la Canadienne Lorie Kane a joué sous la normale (71). La marque gagnante a été la plus élevée cette année sur le Circuit de la LPGA pour un tournoi non majeur.
« Lorsque je me suis éveillée ce matin, j’ai vu les conditions météo et j’ai su que ce serait une journée très difficile », dit Meg Mallon, 39 ans, qui a touché 180 000 $US pour sa victoire. « Nous [Mallon et Matthew] étions dans une position dominante parce qu’aucune joueuse n’était susceptible de présenter un bas pointage. C’était aussi ardu qu’un championnat majeur et encore plus difficile que la semaine dernière [à l’Omnium féminin britannique]. Mais j’aime jouer dans ces conditions exigeantes. »
Mallon a terminé le tournoi à 284, quatre sous la normale, et avec trois coups de priorité sur sa compatriote américaine Michele Redman, sur l`Écossaise Catriona Matthew et sur l’Australienne Michelle Ellis. Elles ont été les seules à terminer le tournoi sous la normale.
Se Ri Pak a fini seule à égalité avec la normale à 288, tandis que Charlotta Sorenstam et Gloria Park ont suivi à un coup derrière. Lorie Kane a été la meilleure Canadienne, et elle a terminé à égalité au 8e rang à 290, deux coups au-dessus de la normale. Dawn Coe-Jones et Angela Buzminski, les deux seules autres Canadiennes à avoir échappé au couperet, ont terminé aux 24e et 63e rangs respectivement.
Matthew, qui a commencé la journée avec une priorité d’un coup sur Mallon à cinq coups sous la normale, a réussi un oiselet dès le premier trou et a inscrit ensuite dix normales de suite avant que le ciel lui tombe sur la tête au 12e trou, le plus difficile durant toute la semaine. Le vent a poussé le coup de départ de Matthew dans le bois; elle a dû laisser tomber une balle, ce qui lui a coûté un coup de pénalité, et le bogey triple qui en a résulté a fait passer sa marque de sept sous la normale à quatre sous la normale.
Ce trou fatidique a marqué le début d’une folle équipée du dernier duo jusqu’à l’ultime trou. Les deux joueuses ont commis des bogeys aux trous 13 et 14.
Mallon a réussi la normale au 15e pour conserver son avance sur Matthew, laquelle n’a jamais repris pied, commettant des bogeys aux trous 15 et 18.
La première partie, celle du jeudi, a donné lieu aux plus basses marques de la semaine et 21 joueuses ont joué la normale ou mieux encore, y compris la meneuse du jour, Kate Golden, qui a réussi un aiglon à son dernier trou de la journée grâce à un roulé d’une vingtaine de mètres, ce qui la menait à cinq sous la normale. Mi Hyun Kim suivait à un coup derrière, tandis que Kelly Robbins, qui avait fini à égalité au deuxième rang à l’Omnium canadien féminin l’an dernier étaient du nombre de cinq joueuses à trois coups sous la normale. Karrie Webb, nouvelle championne de l’Omnium britannique, a joué la normale. Nakima Omata, du Japon, a ramené une carte de 68, la seule marque sous la barre de 70.
Lanie Cahill et la jeune sensation de 17 ans, Eom-Ji Park étaient en tête du contingent de 16 joueuses canadiennes à 73, un au-dessus de la normale, tandis que Lorie Kane peinait à inscrire un 74.
Mademoiselle Park, seule amateure du tournoi, avait obtenu une exemption pour avoir été la meilleure amateure au sein du Circuit canadien féminin de la Banque de Montréal.
« C’est incroyable, dit la jeune Park. J’étais un peu nerveuse avant de commencer à jouer, mais je ne me suis pas mis de pression. »
Pour Lorie Kane, jouer au pays suscite chez elle de grandes attentes.
« Je n’ai pas bien joué », dit Lorie, qui était toujours en quête de sa première victoire de la saison. Je n’ai pas bien frappé la balle. Je n’ai pas atteint suffisamment de verts. Je me suis creusé un trou et j’ai été incapable de m’en sortir. »
Le vent s`est élevé vendredi pour le deuxième parcours et 10 joueuses seulement se trouvaient sous la normale à la fin de la journée. Au sommet du classement, à 140, 4 coups sous la normale, on trouvait Matthew, Ellis et Gloria Park.
« Je n’ai jamais vu pareil vent, a avoué Ellis, résumant les sentiments de nombre de joueuses. « Nous avons participé à l’Omnium des États-Unis au Kansas et il ventait. C’était venteux en Écosse (à l’Omnium féminin britannique) la semaine dernière. Mais ici, on ne souhaitait pas être dehors avec ce vent. »
Trois Canadiennes seulement ont échappé au couperet, qui est tombé à +8, soit le plus élevé dans un tournoi non majeur du Circuit de la LPGA depuis le Cup Noodles Hawaiian Ladies Open de 2001. Lorie Kane se trouvait à 5 coups au-dessus de la normale, tandis que Coe-Jones et Buzminski étaient à 7 coups au-dessus de la normale.
Le vent n’a pas faibli le samedi et trois joueuses seulement ont présenté un pointage de moins de 70. Matthew s’est emparée de la tête grâce à sa troisième partie consécutive de 70, devançant Mallon par un coup et Pak, Park et Ellis par trois coups. Lorie Kane a amélioré sa position avec une marque de 70, son premier pointage sous la normale du tournoi.
Matthew a trébuché tôt, commettant un bogey au premier trou, mais elle a récupéré grâce à des oiselets aux 4e et 14e trous, ce qui a compensé pour un autre bogey au difficile 12e trou, une normale 4. Ayant déjà fini sa partie, Mallon occupait la tête grâce à un cumulatif de 5 coups sous la normale, mais Matthew a réussi des oiselets sur ses deux derniers trous, y compris un roulé de plus de trois mètres au 18e trou, ce qui lui a permis d’être la meneuse avec un coup d’avance avant d’entreprendre la dernière partie.
Lorsqu’on lui a demandé à quoi elle s’attendait pour le dimanche, Matthew a fait une observation qui allait s’avérer prophétique. « Je crois que j’aurai besoin de jouer sous 70. Il y a beaucoup de bonnes joueuses qui se tapissent derrière moi. Je suis certaine que l’une d’entre elles va présenter une bonne marque. »


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